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Espérer au pied de la croix

8 avril 2026
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Assise en silence dans notre chapelle, je contemple la croix suspendue au mur du chœur. Et je me laisse peu à peu habiter par les événements : des acclamations de la foule le dimanche des Rameaux jusqu’au silence grave et pesant au pied de la croix. Et, quelque part au plus profond de moi, une voix ne cesse de murmurer : qu’y a-t-il après la croix ?

Si l’on s’en tient au regard humain, la croix apparaît comme un point final. Elle évoque l’échec, la souffrance, la perte. Elle est le lieu où toute espérance semble crucifiée. Je pense aux disciples d’autrefois, ces hommes qui avaient mis toute leur confiance en leur Maître. Lorsque Jésus meurt sur la croix, il ne reste sans doute en eux que désarroi et effondrement. Tout ce qui était beau paraît alors s’être arrêté là.

Ces derniers jours, une phrase circulant sur les réseaux sociaux m’a interpellée : « Et si la vie n’était pas éclatante ? » En levant les yeux vers la croix, je me suis demandé : selon les critères du monde, la vie de Jésus était-elle vraiment « éclatante » ?

Une vie commencée dans la pauvreté, celle d’un simple artisan, vécue dans la discrétion d’un village ordinaire comme Nazareth, une vie qui grandit dans l’ombre. Une prédication sans pouvoir ni reconnaissance, et une fin marquée par une mort douloureuse et humiliante. Si tout s’arrêtait à la croix, cela ressemblerait à un cuisant échec.

Mais après la croix, il n’y a pas le vide. Après la croix, il y a un tombeau vide. Après la croix, la vie s’ouvre d’une manière que l’homme ne peut imaginer par lui-même. La croix n’est pas effacée : elle est transfigurée. La souffrance ne disparaît pas : elle reçoit un sens nouveau. La mort n’est plus une fin, mais un passage vers la vie.

Alors je commence à mieux comprendre cette question : « Et si la vie n’était pas éclatante ? » Elle rejoint une blessure en moi, comme en tant de personnes de ma génération, épuisées de courir après des critères de réussite, cherchant sans cesse à briller, à devenir « la meilleure version » d’elles-mêmes. Mais peut-être que l’essentiel n’est pas de savoir si la vie est éclatante ou non, ni combien je « rayonne », mais comment j’aime et où je me tiens sur mon chemin. Si je ne regarde que la « croix » — mes limites, mes échecs, mes blessures — tout demeure sombre. Mais si j’ose croire et faire un pas de plus, en regardant au-delà de la croix, alors s’ouvre un autre horizon : un espace d’espérance, de lumière et d’un amour que rien ne peut vaincre.

« Après la croix » n’est donc plus une idée abstraite, mais devient pour moi un appel profondément personnel. Un appel à croire que ce qui demeure inachevé dans ma vie n’est pas une fin. Que les blessures que je porte ne disent pas le dernier mot de mon identité. Car Dieu ne m’attend pas au sommet de ma réussite pour m’aimer : il m’aime et m’a toujours aimée au cœur de ma fragilité et de mes limites.

La Résurrection n’efface pas les marques des clous sur le corps du Christ. Mais ces blessures deviennent précisément les signes de son amour. Et peut-être en est-il de même pour ma vie : mes blessures, mes échecs, ces moments où je ne me sens pas « éclatant » n’ont peut-être pas à disparaître. Parfois, c’est justement là que la lumière peut entrer.

Pour moi, le Carême n’est pas seulement un temps pour contempler la croix, mais un chemin pour apprendre à attendre l’aube. Une aube qui ne vient pas immédiatement, mais qui viendra sûrement. Une lumière qui n’éblouit pas, mais qui suffit pour continuer d’avancer.

Et peut-être que la véritable « splendeur » d’une vie ne réside pas dans le fait d’être reconnu ou d’accomplir de grandes choses. Cette « splendeur » peut être très discrète : continuer à aimer sans retour, persévérer quand tout semble absurde, avancer malgré la peur. Car certaines fleurs éclosent au printemps, mais certains arbres doivent traverser un hiver rigoureux avant de bourgeonner.

Ainsi, nul besoin d’être le soleil pour réchauffer le monde : je peux être une petite flamme qui réchauffe le cœur de quelqu’un dans le froid. N’ayons pas peur d’une vie ordinaire ; craignons plutôt un cœur qui cesse d’aimer.

Marie Nguyen Thi Thu Ha

 

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